Témoignage de Cyril Sarrauste de Menthière, patient partenaire : « Le dépistage, c’est sauver votre propre vie ! »

Découvrez l’histoire de Cyril Sarrauste de Menthière, patient partenaire et co-responsable de Mon Réseau Cancer Colorectal qui nous partage son histoire, de l’annonce du cancer à sa guérison.
Quand et comment as-tu appris que tu avais un cancer ?
Mon cancer est apparu de manière totalement fortuite. Tout allait bien : bon vivant, légèrement en surpoids mais rien d’alarmant, actif sans être vraiment sportif 😇 …
Quelques mois après mes 50 ans, avoir du sang dans les selles pendant une semaine m’a alerté. Je suis allé chez mon médecin pour obtenir une prescription de coloscopie. Cette dernière a été réalisée par un gastro-entérologue en ville. À mon réveil, il m’annonce avoir retiré quelques polypes, mais qu’un plus gros ne pouvait pas être totalement enlevé. Une biopsie a été envoyée pour analyse. Environ 3 semaines plus tard, je suis convoqué pour une nouvelle consultation où l’on m’annonce : « C’est bien ce que je pensais, c’est un cancer. » À partir de là, tout s’effondre, surtout après la phrase suivante : « Il va falloir que vous trouviez un chirurgien. Ça fera XX €, merci, au revoir. »
Comment s’est déroulée la prise en charge ?
Étant dans le milieu de la bioSanté, j’avais des collègues travaillant à l’institut de recherche en cancérologie de ma ville. Je les ai appelés pour savoir s’ils pouvaient rapidement me trouver un rendez-vous avec un chirurgien digestif. En moins de 15 jours, c’était fait. À partir de là, la prise en charge s’est très bien déroulée. On a confirmé un cancer du rectum T3N2M0, et tout s’est enchaîné rapidement. J’ai été suivi dans un CLCC. Les traitements radio-chimiothérapie ont débuté en décembre 2018, avec une proctectomie et la pose d’une stomie en avril 2019, suivies d’une chimiothérapie adjuvante durant l’été 2019. La remise en continuité a eu lieu en octobre 2019.
Où en es-tu actuellement ?
Tout a commencé en octobre 2018 et s’est terminé environ un an après. Aujourd’hui, plus de 5 ans après, aucun signe de récidive n’apparaît aux contrôles réguliers d’imagerie, et aucune mauvaise surprise à la coloscopie de contrôle. Je passe ainsi du statut « en rémission » à celui de « guéri ». Aujourd’hui, en 2025, seuls certains effets secondaires persistent, les plus importants étant des troubles du transit, une fatigue chronique marquée et surtout des neuropathies périphériques induites par la chimiothérapie. Ces neuropathies m’ont valu l’obtention à vie d’une carte de CMI et une reconnaissance RQTH.
Quel soutien as-tu pu avoir pendant cette période ? (associations, proches, famille…)
Durant mon parcours de soins, je n’ai pas eu le soutien d’une association, car la seule existante à l’époque venait tout juste de fermer avant mon opération, et je n’en avais même pas connaissance. Du coup, j’ai dû gérer beaucoup de choses par moi-même : trouver des solutions aux effets secondaires non décrits, gérer seul à domicile mes soins liés à la stomie avant la remise en continuité, ainsi que les problèmes dermatologiques associés. J’ai également dû trouver des astuces pour faire face aux soucis liés à la remise en continuité (incontinence, impériosité, difficultés de différenciation) dont personne ne m’avait parlé. J’avais suffisamment d’expérience pour créer une association afin de partager mes astuces. Finalement, lorsqu’une association s’est formée (ndrl : Mon Réseau Cancer), je l’ai rejointe et en suis aujourd’hui co-responsable. Ma conjointe a été mon principal soutien au quotidien, une aide précieuse et indispensable. Mes amis proches, ceux qui sont restés (on réalise rapidement qui sont nos vrais amis), m’ont apporté réconfort, visites et soutien moral. Évidemment, la famille, même lointaine, m’a soutenu moralement par téléphone et en visioconférence.
Un mot pour motiver les gens à se faire dépister ?
Le dépistage est ultra simple, gratuit, indolore et peut être fait chez soi en moins de 5 minutes, sans contrainte. Si l’on compare cela à tout ce que j’ai dû subir (oui, subir !) et à l’impact que cela continue d’avoir sur ma vie, même en étant guéri, il n’y a franchement pas photo ! Si j’avais eu le choix, je l’aurais fait immédiatement. Mais à 50 ans, ayant déjà des symptômes, le dépistage de routine ne s’appliquait plus à moi.
Ce dépistage, qui est l’un des trois proposés en routine en France, permet de guérir ! En effet, s’il est positif, une coloscopie est réalisée, et la plupart du temps, il s’agit simplement de polypes non cancéreux que l’on retire facilement. Pour les 4 % des cas restants où il s’agit d’un cancer, dans 9 cas sur 10, on le guérit sans traitement lourd parce qu’il est détecté précocement. Le dépistage, c’est sauver une vie, c’est sauver votre propre vie !